Maintenant
Comme si ça n'était pas encore assez !
Pas d'argent, pas de quoi payer un loyer, encore moins un dernier cadeau à ceux à qui il faut dire au revoir et pourtant au milieu du drame j'ai été touchée par la générosité d'un père qui transmet encore la vie en acceptant le don d'organes. La Générosité d'un village qui se mobilise pour offrir une sépulture décente. La générosité des plus simples.
J'ai toujours su qu'il ne fallait pas attendre pour aimer et le dire, pour profiter de ceux que l'on aime sans attendre ce soir, demain, ce week end, les vacances, la retraite. Plus tard. J'ai profondément conscience depuis le tsunami que tout peut basculer très vite.
Là encore, j'ai beau le savoir, je n'ai rien préparé.
Donc, dès à présent, je m'y attelle ! Sans superstition ni peur, juste pouvoir me dire au moins ça, c'est fait.
À commencer par ne pas vouloir des traditionnels faire part de décès gris et blancs. J'ai toujours soigné mes invitations avec de la couleur, celles là ne dérogeront pas à la règle. Envie que celles qui viendront prennent 1/4 d'heure de leur temps pour poser du vernis sur leurs doigts et enfiler des talons parce que ça me plaît. Que ceux qui viendront prennent 1/4 d'heure de leur temps pour déposer quelques gouttes de leur parfum préfèré, enfile une belle chemise, une tenue pour sortir( ça m'est bien égale qu'elle soit foncée ou colorée ) et embrasse la femme qui les accompagnera à mes funérailles. On dira sûrement que je n'étais finalement pas si bourgeoise, que je m'asseyais volontiers sur les conventions. Que le plus important pour moi aura toujours été ma famille, que c'était sacrée. Qu'elle aura été ma seule religion après avoir longtemps été catholique. Que j'étais plus solide que ce que mon corps tout mince laissait supposer. Que mes amis étaient plus qu'importants, qu'ils n'avaient pas besoin d'être nombreux mais qu'il y en avait toujours, que quand je les choisissais je ne les lâchais pas même si mes courriers et mes coups de telephone n'étaient pas réguliers. Que ma porte était toujours ouverte mais que j'aimais être seule. Que j'étais capable de voir le beau et de jurer comme un chartier. Que j'ai toujours dit des gros mots. Peut être que certains auront été agacés par moi et diront que je semblais si sûre de moi, que j'étais une chanceuse, que je rigolais et que parfois c'était un peu lourd. Que j'avais un gros complexe de supériorité en ce qui concernait mon mari et mes enfants, ( et dites vous que... si je peux entendre, je jubilerai parce que ma prétention irait jusqu'à le prendre pour compliment). que j'étais rarement habillée vraiment comme tout le monde, que j'avais mon style. Si je meurs très vieille, on ne se souviendra peut être plus que je dansais quand j'entendais de la musique, que j'aimais parler et écrire.
Que j'aurais même eu l'idée saugrenue de rédiger une partie de mon éloge funèbre et que je m'en serais tirée à coup d'un "on n'est jamais si bien servie que par soi même". J'aimerais qu'on chante quelque chose de beau qui ne rende pas triste. De toute façon, les larmes nous rattrapent toujours le soir dans la solitude de la chambre, quand on se croit caché par la nuit.
Je ne veux pas que chacun rentre chez soi sans partager ses pensées et faire un peu de mauvais esprit. Du poulet rôti, de la salade avec notre assaisonnement ( celui qui a un peu de viandox si ça existe encore) et des pommes duchesse sans oublier un petit verre de vin parce que chez nous il y a toujours eu une bonne bouteille pour accompagner nos états d'âme. Du pain, un seul fromage mais bien fait. Et une tarte achetée en boulangerie parce que personne n'aura l'envie ou le temps de cuisiner.
J'aimerais poser sur ma tombe des bougies et des fleurs fraîches, tant pis si elles fanent. Je n'ai jamais eu la main verte... Il est maintenant trop tard pour bien faire. J'aimerais si jamais c'était possible, un arbre.
Je déteste les plaques commémoratives. J'aimerais si cela est possible que nous soyons côte à côte.
J'aimerais qu'on se dise au revoir mais sans s'éterniser, pas besoin d'en rajouter, j'aimerais qu'on dise " elle aurait souhaité nous voir sourire" parce que c'est vrai. Et s'il faut pour cela m'imiter ou se ficher de moi. Allez y, je pense être capable d'en rire. Il faudra que je trouve un moyen de dire à ceux qui seront là que j'ai été heureuse, que la vie vaut la peine malgré tout , qu'il faut avoir senti ne serait ce qu'une fois dans sa vie l'odeur d'un bébé qui vient de naître, la puissance d'un câlin qui demande pardon, le douloureux bienfait d'un baiser amoureux au moment de partir.
Les détails, les lieux, le cimetière etc. J'en parle ce week end avec monsieur Tb. Redire de donner tout ce que mon corps aura d'utilisable. Que j'aime la terre et que c'est là que je veux laisser le temps finir son travail. Et comme ça, ça se sera fait. Parce que je sais que tout peut aller vite et que je suis de celles qui prennent le taureau par les cornes.

Photos retrouvées sur mon i*ph*one prises par Céleste, ça colle, non ?
Elle a su capter que j'étais dans mes pensées !
Funérailles et retrouvailles
Je suis revenue hier soir. C'est Monsieur Tb qui s'est occupé des 5 enfants pendant que j'aidais Maman à vider l'appartement de ses parents. Monsieur Tb s'est débrouillé comme un chef ! Et comme si ce n'était pas encore assez, Céleste l'a gratifié d'une gastro. Il a réussi son baptême du feu !
Je n'ai pas toujours été triste.
Bien sûr, nous avons eu de la peine.
Bien sûr, j'ai pleuré mais finalement pas tant que ça.
J'ai été touchée par Maman, elle m'a émue à me retourner les tripes en posant sa main sur le cercueil de son papa au moment du notre Père. Je crois que cette image est gravée en moi à jamais. Et elle me pose question.
Bien sûr, je n'ai pas pu m'empêcher de rire et de déconner au risque de choquer. Parce que je suis de celles qui font le cacou pour masquer leurs peines et parce que j'ai besoin de saisir les petits moments de joie pour tenir.
D'ailleurs, j'étais heureuse de dîner avec mes frères et soeurs (les PJ, vous êtes inclus dedans !) 23 à table quand même avec les enfants !
J'ai aimé vider et ranger avec Maman. Sauf les vêtements. C'était le plus dur.
Passer du temps avec ma petite soeur.(Camille, y'a vraiment qu'avec toi que je me lâche comme ça et tu me fais du bien !)
J'ai vu, je crois, la vraie nature de ceux qui m'entourent. Et finalement, je ne m'étais pas trompée sur leurs comptes !
Et puisque la Vie continue, je vais préparer Noël.
Les filles ont installé la crêche ce soir.
Ma Laoshi
Je file donner mon premier cours de chinois à l'école des filles !
Raplapla
Ça ne me ressemble pas mais je me traîne. Courbatures et fièvre depuis 2 jours.
Obligée de ralentir ; je ronge mon frein. J'ai apprécié le resto indien en amoureux même si je grelottais.
J'ai surtout apprécié cette première journée avec 0 enfant dans les pattes. PhilOmène ira deux jours/ semaine chez la nourrice à partir d'aujourd'hui. (enfin ... Je suis quand même ressortie pour une heure de caté avec 15 gamins !)
J'ai culpabilisé un peu... Et finalement, je m'en remets !
Vivement jeudi !
38
Je n'avais encore jamais fêté mon anniversaire dans cette maison.
Quelle soirée ! Madeleine avait préparé une table comme elle en a le secret. Monsieur Tb a ouvert le pool house et installé la musique dehors. Nous étions bien là, ensemble, à déguster. ET puis mes joyeux lurons n'ont pu résister, ils ont dansé. Jules a plongé, Marie gouté au Pomerol, Céleste n'était pas en reste.
J'ai raffolé !
Branchouille
Samedi, je suis partie quelques heures : off.
C'est passé bien trop vite !
J'en ai profité pour essayer les fameux ID curve, et ça valait le coup. Me revoilà en levi's.
La salle de bains était prête ce week end.
Et ce matin, j'ai cousu en 5 minutes des petits head bands pour mes filles.
du rose
J'ai retrouvé la petite robe ivoire que je portais au baptême de Céleste. J'aime toujours autant sa coupe un peu sixties. Envie de la porter encore. Elle serait parfaite pour le mariage que nous avons bientôt. Mais pas de blanc ou de blanc cassé pour ne pas voler la vedette à la mariée. Alors, un saut dans la machine à laver avec de la teinture rose et voilà le tour est joué !
jeans troués
Plusieurs fois, j'ai foncé dans les toilettes du lycée pour enfiler un jean que j'avais troué en cachette dans ma chambre et glissé dare dare dans mon cartable la veille. Ma maman n'aimait pas des masses les jeans, alors les jeans troués c'était hors de question !
Dimanche soir, Monsieur Tb m'a invitée à grignoter des tapas en ville, j'ai hésité entre un boyfriend un peu rapé ou un slim troué voire carrément déchiré. Je souriais de n'avoir aucune justification à donner. Avec des talons aiguilles, ça passe très bien. Et je crois même que Monsieur Tb a trouvé cela plutôt glam.





















